Magazine diffusé par les NMPP Points de vente : 01.44.69.82.82

Accueil du site > Actualités > L’article de la semaine > Nouveaux malheurs au Congo RD

Imprimer cette page

Nouveaux malheurs au Congo RD

lundi 17 novembre 2008


A la frontière orientale du Congo avec le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi, dans la région riche et peuplée des Kivu, les opérations militaires ont repris avec leur cortège de réfugiés, de déplacés et de massacres. C’est la troisième fois en dix ans : la guerre, partie de ces confins, a ravagé la totalité du Congo de 1998 à 2002, puis la rebelion a repris en 2004 avec la prise de Bukavu, puis à nouveau en 2008 avec la chute annoncée de Goma. Bukavu et Goma sont deux villes congolaises frontalières du Rwanda. Si une re­belion amie de Kigali s’empare de l’une ou l’autre de ces villes, elle favorise un continuum d’un pays à l’autre, sécurisé et homogénéisé. A partir de là, le Rwanda, enclavé, qui se croit assiégé par ses éternels ennemis au Congo, obtient enfin un espace de respiration. Le paradoxe est que, par cette politique de coups de mains et de faits accomplis, le régime de Kigali se met en difficulté avec ses soutiens internationaux. En 2004, Londres, principal bailleur de fonds, avait menacé de lui couper son aide budgétaire. En 2008, Le même partenaire britannique est embarrassé et participe à une initiative diplomatique commune avec la France. Paris est dans la situation rigoureusement inverse de Londres. Le gouvernement rwandais a rompu ses relations diplomatiques avec la France en 2006 après l’incrimination d’officiels rwandais dans l’attentat contre l’avion du dernier président le 6 avril 1994 (cet attentat qui avait donné le coup d’envoi du génocide). Le hasard ( ?) a voulu que l’un de ces officiels soit arrêté en Allemagne ces jours-ci pour être déféré devant les juges français, dé­clenchant la fureur du président Kagamé. Comment dans ces conditions la parole de la France pourrait-elle avoir quelque crédit à Kigali  ? Pire, Paris soutient résolument le président congolais Joseph Kabila et ne verrait pas d’objections à ce qu’il se fasse aider à nouveau par le voisin angolais avec lequel Paris souhaite se réconcilier pour faire oublier une autre affaire judiciaire, l’Angolagate. Nous sommes donc impliqués jusqu’au cou, sans pouvoir jouer les bons offices ni évidemment envoyer des forces, même dans un cadre onusien, dans cette région où s’est réalisée en 1994 la fameuse opération Turquoise, dont Goma était la base logistique principale.

Cela tombe au plus mal pour les efforts sincères du docteur Kouchner, ami du Rwanda, d’opérer une réconciliation avec le président Kagamé. On ne peut finalement pas être l’ami de tout le monde à la fois, quand les gens se détestent comme c’est le cas entre Rwandais et Congolais, ou du moins certains Congolais et certains Rwandais. Car dans cette région des Grands Lacs, l’imbroglio ethnique est tel que personne n’a raison ou tort à lui tout seul. C’est la force et la faiblesse à la fois de ce général Nkunda. C’est aussi ce qui explique que les hommes en armes, qu’ils soient loyalistes, rebelles, chasseurs (Mai-Mai), se comportent tous de la même façon et que personne n’a plus de légitimité que l’autre.

Ne voir que l’aspect hu­manitaire, ou une partie des problèmes humani­taires, risque de reproduire les in­justices du génocide où la communauté internationale s’apitoyait sur la foule des réfugiés qui étaient en réalité les génocidaires, alors que le génocide lui-même n’avait pas eu de témoins. Si le problème ressurgit avec autant de force après dix ans, c’est qu’il n’est pas réglé. Les mêmes acteurs sont en place et chacun campe sur ses positions. Les accords de paix se succèdent sans qu’on se soit attelé au problème de coexistence de ces populations mues par une volonté de revanche et la peur mutuelle. Le maintien de la paix ne suffit pas. Si tout le monde s’en prend à tout le monde, une ou plusieurs brigades supplémentaires d’Uruguayens et de Pakistanais ne changeront rien. Ils seront assiègés et réduits au silence. Ce n’est pas une région où on peut tout régler avec trois cents hommes. Nous avons affaire à des guerriers qui maîtrisent le terrain. On peut les tuer, le problème persistera.

Pour les uns la solution est simple : Nkunda et Kagamé méritent d’être traduits devant la Cour pénale Internationale ; pour les autres, elle est aussi simple : la communauté internationale n’a qu’à se mêler de ce qui la regarde et laisser les Africains se battre ou s’entendre entre eux. La troisième voie est de plus en plus difficile.

Yves LA MARCK

Témoignage sur l’action Humanitaire de l’ONG Medair

Le 9 octobre dernier, on pouvait lire sur le site internet de l’ONG Médecins sans Frontières, une dépêche alarmante concernant l’Ituri, province du Nord-Est de la République Démocratique du Congo à la frontière du Soudan et de l’Ou­ganda  : « des milliers de personnes ont dû quitter, en urgence, leurs localités d’origine de la région de Gety, à 60 km au sud de Bunia - le chef-lieu - à la suite de nouveaux affrontements entre les FARDC (Forces armées de la République du Congo) et les miliciens de Tchey, l’une des agglomérations proches. Des bombardements à l’arme lourde suivis de combats entre les différents groupes armés avaient commencé à Bukiringi dès le 27 sep­tembre. à ce jour, la zone est toujours inaccessible. » Medair est notamment présente dans le village de Zitono, non loin de la ville de Gety, à quelques km au sud de Bunia  : « Cette zone a subi de très nombreuses attaques  ; ces dernières années, le village a été six fois entièrement dévasté par la guerre » raconte Ruth Mutanga, sage-femme à Zitono. « À chaque fois, le centre de santé a été détruit et nous nous sommes retrouvés sans toit pour accueillir les femmes sur le point d’accoucher. »

En 2006, après qu’une nouvelle attaque ait laissé le centre de santé en ruines, Ruth a aménagé dans sa petite maison une maternité improvisée. Elle dormait par terre pour laisser plus d’espace aux patientes. En 2007, alors qu’elle était la seule ONG présente à Zitono, Medair a envoyé sur place une équipe chargée de reconstruire le centre de santé. Nos employés y rencontrèrent Ruth qui leur suggéra immédiatement d’en profiter pour bâtir une maternité digne de ce nom.

Tout le monde s’entendait sur la nécessité d’une véritable maternité. Pourtant, le comité de construction local vota contre ce projet, décidant que l’argent serait utilisé pour construire un centre de santé en briques qui résisterait mieux aux futures attaques. Notre équipe de construction était d’accord avec Ruth sur l’importance d’avoir une maternité, mais notre rôle était de collaborer avec la communauté et pas d’imposer notre volonté. Nous ne comprenions que trop bien les craintes du comité local qui se sont vérifiées en 2007 et sont à nouveau de pleine actualité. Dans les régions reculées du nord-est, les Uélés et l’Ituri, Medair a apporté son aide à plus d’un million d’habitants. Nous y avons appuyé 490 structures médicales en fournissant des médicaments subventionnés et en y organisant des supervisions mensuelles ainsi que des formations pour le personnel médical. Nos équipes d’urgence ont aussi été occupées à répondre à d’impor­tantes épidémies dans le nord-est. Entre-temps, nos équipes de construction rebâtissaient ou réhabilitaient deux douzaines de centres de santé, dont le bâtiment en briques de Zitono.

Ruth a fini par réaliser son projet. En effet, lors du retour de Medair dans ce village fin 2007, les habitants se sont joints à notre équipe de construction pour lui bâtir une grande maternité. « Nous sommes tous satisfaits maintenant » dit Ruth. « J’ai ma maternité et grâce à Medair, la communauté dispose d’un centre de santé en briques qui résistera plus facilement aux prochaines attaques. » Pour combien de temps ? La guerre qui ravage périodiquement cette population vulnérable est d’une brutalité qui dépasse l’entendement, avec de très fréquents cas de violences sexuelles à l’encontre des civils, souvent même des enfants. Nos équipes dispensent des formations psychosociales aux habitants, en particulier dans les écoles, pour leur apprendre à aider les personnes les plus affectées à surmonter ces terribles traumatismes. « Nous sommes vraiment heureux que Dieu ait conduit Medair en Ituri et ici, à Lolwa, malgré toutes les difficultés que connaît la région », remarque Justin Ngombele, directeur d’une école primaire de Lolwa. « Je remercie Medair d’avoir en particulier concentré ses efforts sur les écoles. Il n’est pas facile de s’occuper des enfants, et je suis content qu’ils n’aient pas été oubliés. »

Dans toutes les structures de soins de santé, Medair a formé des médecins et des infirmières en leur enseignant des compétences techniques précieuses pour développer leur autonomie. Nous avons également lancé un nouveau projet visant à améliorer l’accès à l’eau potable et aux installations sanitaires en construisant des latrines, en protégeant les sources d’eau et en installant des systèmes de récupération de l’eau de pluie. De plus, grâce entre autres à de nouveaux donateurs, nous avons pu élargir nos activités à de nouvelles zones comme Aungba et Dingila. Souvent, dans les domaines de l’aide d’urgence et de la réhabilitation, toute l’attention se porte sur les besoins urgents existants auxquels il faut répondre. Lors de son 10e anniversaire Medair a saisi une rare opportunité, celle de réfléchir à ce qui a pu être accompli et se réjouir du travail acharné et de la persévérance qui ont sauvé et préservé de nombreuses vies tout en leur offrant l’espoir d’un avenir meilleur.

« Ce qui m’a le plus frappée chez Medair », témoigne Alphonsine Unwang, co-coordinatrice de l’ONG locale SYNERGIE, « c’est qu’elle tente de rester pendant la guerre alors que d’autres centres de santé et ONG ferment ou quittent le pays. Et c’est précisément parce qu’elle est restée et qu’elle a continué à agir, malgré la violence et les dangers, que Medair est l’organisation la plus respectée de toute la région. »

Pourtant, depuis début septembre, Medair a dû réduire ses interventions dans les zones de santé de Nyankunde, Boga et Gety, une région comptant quelque 140 000 habitants. Pour le moment, les 14 autres zones de santé soutenues par Medair demeurent accessibles. Jusques-à quand  ? On n’en sait rien, car toutes les conditions poli­tiques d’une reprise à grande échelle de la guerre sont à nouveau réunies dans cette zone maudite, la plus san­glante du Congo R-D, où le nombre des victimes directes et indirectes des guerres depuis 1998, se chiffre par centaines de milliers, mettant aux prises des ethnies opposées, mais plus encore les ambitions régionales de l’Ouganda et du Rwanda, tandis que les forces d’interposition de l’Onu n’ont ni les moyens ni le mandat suffisants pour faire respecter les accords de cessez-le-feu si souvent signés.

En France, l’adresse de Medair est 1, rue Bizet – Tour Europe 26000 Valence Tél. : 04 75 59 88 28

Répondre à cet article

4 Messages de forum

  • Nouveaux malheurs au Congo RD

    19 novembre 2008 13:18, par admin

    LES MISSIONNAIRES INQUIETS DE LA SITUATION DANS L’EST DE LA RD CONGO PLAIDENT AUPRES DES INSTITUTIONS DE L’UE ET DES PAYS MEMBRES POUR QU’UNE ACTION SOIT ENTREPRISE

    Confronté par la vaste crise humanitaire provoquée par les combats dans l’Est de la RD Congo, le Réseau Afrique Europe Foi et Justice (AEFJN) plaide pour une intervention plus directe de l’UE et de ses pays membres. AEFJN est un réseau d’environ 30.000 missionnaires qui travaillent en Afrique et en Europe.

    En lien avec EURAC, le réseau des ONG européennes engagées en Afrique centrale, AEFJN plaide pour que l’UE recrute et déploie, dans un avenir très proche, une force militaire pour garder ouvert un corridor humanitaire. Il demande aussi à l’UE d’accroître les efforts diplomatiques pour consolider la mise en application des Accords de Goma et de Nairobi – signés par les différentes parties engagées dans le conflit actuel. Il requiert surtout que l’UE veille à la mise en pratique et soutienne le Pacte sur la Sécurité, la Stabilité et le Développement dans la région des Grands Lacs, signé à Nairobi en décembre 2005.

    L’avancée des troupes du CNDP de Laurent Nkunda vers Goma a forcé l’armée congolaise (FARDC) à abandonner la ville. Les combats dans la région ont provoqué le déplacement de plus de 250.000 civils. Plusieurs factions armées (CNDP, FARDC, Mai-Mai, etc.) ont attaqué les civils, les ont pillés, tués, blessés et violés. Au point de départ, la MONUC ne voulait pas ou ne n’était pas capable de protéger les populations dans les zones prises par les rebelles et à Goma. Depuis lors, la MONUC et la FARDC ont commencé à assurer la sécurité dans Goma.

    La France, qui assure actuellement la présidence de l’UE, a proposé l’envoi d’une force militaire de l’UE qui travaillerait en lien la MONUC et l’armée congolaise pour stabiliser la situation humanitaire et promouvoir le processus de paix.

    Le maintien de la paix dans la région et l’absence de risque de nouveaux conflits dépendent, d’après ce que croit AEFJN, de l’envoi très rapide de troupes de l’UE pourvues d’un mandat clairement défini et qui collaboreraient avec la MONUC. Cette force de stabilisation devrait s’atteler non seulement aux conséquences mais également aux causes de ces combats.

    En constatant qu’à l’heure actuelle, ni les Forces Armées de la RDC ni la Monuc n’ont les capacité et la crédibilité nécessaires pour imposer sur le terrain le respect des accords de Goma et de Nairobi, AEFJN et EurAc recommandent à l’Union européenne et à ses états-membres de  :

    1) mobiliser et déployer à très court terme une force de stabilisation militaire : Cette force (a) aura un impact rassurant immédiat sur la population congolaise qui n’a plus aucune confiance dans la Monuc ; (b) aura un impact de dissuasion sur les fauteurs de troubles ; et © peut faire la différence en termes opérationnels à condition d’une articulation fine avec les FARDC et la Monuc pour le désarmement du CNDP et des FDLR. Avec des termes de référence bien précis et un mandat bien défini dans le temps et dans l’espace, une telle mission européenne peut stabiliser la situation humanitaire et sauver un processus de paix, auquel il n’existe à ce jour aucune alternative. Pour atteindre ces objectifs, la force de stabilisation militaire ne doit pas seulement s’occuper des conséquences de la crise, mais aussi (et d’abord) des causes : le non-respect des accords de Nairobi et de Goma et la lutte pour le contrôle et l’exploitation des ressources naturelles, dont le commerce entretient les groupes rebelles. AEFJN et EurAc sont convaincus qu’il n’y a pas de solution militaire aux conflits au Nord-Kivu ; néanmoins, force est de constater qu’aucune solution politique négociée n’a de chance de réussir sans une pression réelle exercée sur les signataires des accords de paix pour qu’ils respectent leurs propres engagements.

    2) rétablir le cadre des Accords de Goma et de Nairobi par une pression diplomatique (a) sur le Rwanda pour qu’il empêche tout appui venant de son territoire à la rébellion de Nkunda ; et (b) sur la RDC pour qu’elle empêche toute complicité opérationnelle entre son commandement sur le terrain et des milices des FDLR. Nous applaudissons chaque initiative diplomatique qui vise à remettre les Accords de Goma et de Nairobi à l’ordre du jour comme cadre de résolution du conflit. AEFJN et EurAc demandent également à l’Union européenne de soutenir et accompagner la mise en œuvre du projet Amani par la mise à disposition des moyens nécessaires et par le soutien aux actions de la société civile tant en matière de vulgarisation et de médiation que sur le plan humanitaire.

    3) activer et soutenir le cadre créé par le Pacte sur la Sécurité, la Stabilité et le Développement dans la Région des Grands Lacs signé à Nairobi le 15 décembre 2006 par les chefs d’Etat et de Gouvernement de onze pays au deuxième Sommet de la Conférence Internationale pour la Région des Grands Lacs (CIRGL). Selon les projets et les protocoles élaborés dans les réunions préparatoires, la CIRGL se propose de contribuer à l’éradication des causes des conflits cycliques et à transformer la région en un espace de sécurité durable, de stabilité politique et sociale, de croissance économique et de développement partagés. Le suivi de la Conférence et la mise en œuvre des projets n’ont pas eu lieu malgré l’entrée en vigueur du Pacte le 21 juin 2008. Les contributions des partenaires de la RDC au Fond spécial de reconstruction et de développement sont indispensables pour que le Pacte devienne une réalité.

    Pour plus d’informations :

    Begoña Iñarra - Africa-Europe Faith & Justice Network (AEFJN) - 174, rue Joseph II - B-1000 Brussels, Belgique Tel. +32.(0)2.234.68.12 / Fax +32.(0)2.231.14.13 / Mobile +32.(0)474.41.50.37 @ : begoinarra@aefjn.org http://www.aefjn.org

    Kris Berwouts - Rue des Tanneurs, 165 B - 1000 Bruxelles, Belgique - Tel : +32 (0)2 213 04 00 / Mobile : +32 (0) 485 070 852 @ : kris.berwouts@EurAc-network.org http://www.EurAc-network.org

  • Nouveaux malheurs au Congo RD

    18 novembre 2008 10:37, par admin

    Bonjour

    Concernant le Ruanda (orthographe correcte, c’est un pays francophone) et le génocide de 1994, il serait temps de refaire l’enquête sur les responsabilités, enquête bâclée parce que la France la Belgique et l’ONU avaient beaucoup de choses à cacher.

    Attribuer l’attentat contre l’avion présidentiel à Kagamé alors qu’on a retrouvé les containers porte-missiles, qu’on sait parfaitement d’où ils venaient, est de la désinformation.

    Et le traitement judiciaire institué par Kagamé avec les tribunaux traditionnels (agaka) a été exemplaire : rien à voir avec la farce mondialiste de la Haye. Très peu d’exécutions, malgré le nombre incroyable de criminels.

    Que faisait le rejeton Mitterrand, trafiquant d’armes, dans la région ? Que faisaient les barbouzes de Mitterrand dont le fameux « capitaine » Barril dans le pays à la veille de l’attentat ? La France a soutenu, armé les criminels puis les a protégés lors de leur déroute (comme vous le signalez : les « réfugiés » étaient les génocidaires). La France héberge une quantité impressionnante de génocidaires, dont la veuve de feu le président du Ruanda, véritable pasonaria, qui joue maintenant les victimes.

    Et la responsabilité du clergé Hutu dans le génocide, et du clergé belge ou suisse pro-démocratie ??? Des criminels qui voulaient coller leur mythe démocratique à une réalité réfractaire aux mythes.

    JP

    Grenoble

    chercheur

  • Nouveaux malheurs au Congo RD

    18 novembre 2008 07:56, par Emile

    Monsieur, Je viens de lire votre article dont l’analyse relate un peu seulement la vérité des choses. Je ne suis pas originaire de l’Est (Kivu etc.). Vous m’étonnez avec cette phrase" Pire, Paris soutient résolument le président congolais Joseph Kabila et ne verrait pas d’objections à ce qu’il se fasse aider à nouveau par le voisin angolais avec lequel Paris souhaite se réconcilier pour faire oublier une autre affaire judiciaire, l’Angolagate. Nous sommes donc impliqués jusqu’au cou, sans pouvoir jouer les bons offices ni évidemment envoyer des forces, même dans un cadre onusien, dans cette région où s’est réalisée en 1994 la fameuse opération Turquoise, dont Goma était la base logistique principale.

    Ca ce sont des idées sentimentalistes mal placé. Kabila est un chef d’état DEMOCRATIQUEMENT élu par le peuple. Et donc son pouvoir est légitime. Décidément, on ne saura jamais ce que certains occidentaux comme vous cherchent. Vous n’êtes jamais content de rien. C’est vous qui attisez le feu dans l’ombre pour destabiliser des gouvernements. Et donc ces propos qui je viens de souligner ternissent irrémédiablement votre article et le relègue dans la bibliothèque des articles tristes. Certes, c’est votre droit d’écrire ce que vous voulez, mais respectez aussi les choix des autres peuples.

  • Sarko et l’Afrique

    17 novembre 2008 22:56, par admin

    par Jean DELACOUR © Acip

    Cette semaine, Nicolas Sarkozy reçoit à l’Élysée trois chefs d’État africains : mercredi le président tanzanien Jakaya Mrisho Kikwete, puis le président burkinabè Blaise Compaoré et, le lendemain, le président togolais Faure Essozimna Gnassingbe. Cela montre toute l’importance qu’il accorde au continent noir, même dans une période où l’on parle surtout de la crise financière et économique mondiale et, accessoirement, de l’Afrique du Nord avec l’Union pour la Méditerranée. Les esprits chagrins ne manqueront pas de remarquer que, dans ces pays, les modalités et les résultats des scrutins qui ont amené — ou confirmé — les présidents n’obéissent pas tout à fait aux critères en usage en Occident, leur permettant souvent de rester longtemps au pouvoir. Ainsi, même s’il ne totalise pas les 41 années d’exercice d’Omar Bongo au Gabon, le patron de l’ancienne Haute-Volta, Blaise Compaoré, s’y trouve depuis 21 ans. Mais, à moins de vouloir imposer aux anciennes colonies le système européano-américain, force est, comme l’on dit, de faire avec. Il faut surtout tenir compte de situations fort préoccupantes, comme dans la région des Grands Lacs. Dans ce vaste ensemble, les clivages ne se situent plus entre anglophones et francophones — encore que ces éléments soient utilisés — ou entre petites nations et grands États : on voit ressurgir les fractures ethniques, se multiplier les interventions économiques et s’amplifier les déchirures sociales. Ce qui se déroule actuellement dans l’est de la République démocratique du Congo, plus précisément dans cette si belle et normalement si prospère région du Kivu, est symptomatique. Non seulement sont concernés au premier chef le Congo, le Rwanda — qui a violemment réagi à l’arrestation en Allemagne de Rose Kabuye, une proche du président Kagame accusée par la France de porter une responsabilité dans le déclenchement du génocide de 1994 —, l’Ouganda et le Burundi. Mais il y a aussi des interventions angolaise et zimbabwéenne — ce pays s’obstinant à mener une politique de grande puissance alors que sa population connaît une inflation de 240 000 000 % et qu’un accord n’a toujours pas été instauré avec l’opposition qui a emporté les élections. Dimanche 16, une rencontre on ne peut plus officielle s’est tenue entre l’envoyé spécial des Nations unies, l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, et le chef rebelle Laurent Nkunda. Ce dernier, tutsi comme les dirigeants de Kigali et de Kampala, fait le jeu du Rwanda, présent sur place depuis 1996. Là, diamants, or et coltan — très utilisé en électronique, notamment pour les téléphones mobiles — sont exploités sous contrôle rwandais ou ougandais. Quant à la Monuc onusienne, elle essaie de préserver des populations de plus en plus touchées par les combats. Nicolas Sarkozy aborde évidemment ces sujets avec ses pairs africains, peut-être pour relancer une intervention européenne, comme Bernard Kouchner l’a suggéré il y a peu.




Suivre la vie du site RSS 2.0 | Contact | Mode d’emploi | Plan du site | Espace privé | Mentions légales | CGV | Copyright France Catholique 2008