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St Colomban, abbé (†615) ; St Clément Ier, pape et martyr

Christ Roi

dimanche 23 novembre 2008

Première Lecture : Ézéquiel 34.11–12, 15–17

Psaume : Psaume 23.1–3, 5–6

Deuxième Lecture : 1·Corinthiens 15.20–28

Évangile : Matthieu 25.31–46

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St Clément Ier, pape et martyr

Première Lecture : 1·Corinthiens 1.10–13, 17–18

Psaume : Psaume 100.1–5

Évangile : Jean 1312–17

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St Colomban, abbé (†615)

Première Lecture : 1·Rois 19.16, 19–21

Psaume : Psaume 16.1–2, 7–8, 5, 11

Évangile : Matthieu 7.21–27




Texte de l’Evangile du jour

« Lorsque le Fils de l’Homme viendra dans sa gloire accompagné de tous les anges, il s’assiéra sur le trône de Gloire, le sien. 32 Toutes les nations seront amenées devant lui ; il séparera les uns d’avec les autres, comme le berger sépare les brebis d’avec les chèvres. 33 À sa droite il rangera les brebis, et à sa gauche les chèvres. 34 Alors le Roi dira à ceux qui sont à sa droite : « Venez, les bénis de mon Père, prenez possession du Royaume qui est préparé pour vous depuis la création du monde. 35 Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire ; j’étais étranger et vous m’avez accueilli, 36 sans vêtement, et vous m’avez habillé. J’étais malade et vous m’avez visité, j’étais en prison et vous êtes venus vers moi. » 37 Alors les justes lui demanderont : « Quand donc, Seigneur, t’avons-nous vu affamé pour ainsi te nourrir ? Quand t’avons-nous vu assoiffé et t’avons-nous donné à boire ? 38 Quand t’avons-nous vu étranger et t’avons-nous accueilli, quand étais-tu sans vêtements et t’avons-nous vêtu, 39 quand t’avons-nous vu malade ou en prison et sommes-nous venus à toi ? » 40 Et le roi leur répondra : « En vérité je vous le dis, tout ce que vous avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » 41 Puis il dira à ceux qui sont à sa gauche : « Retirez-vous loin de moi, maudits ! Allez au feu éternel qui a été préparé pour le démon et pour ses anges. 42 Car j’ai eu faim et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’avais soif et vous ne m’avez pas donné à boire ; 43 j’étais étranger et vous ne m’avez pas accueilli, sans vêtement, et vous ne m’avez pas habillé ; malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité. » 44 Tous alors protesteront : « Seigneur, quand t’avons-nous vu affamé ou assoiffé, quand t’avons-nous vu étranger, sans vêtement, malade et en prison, sans te porter secours ? » 45 Et lui leur répondra : « En vérité, je vous le dis, si vous ne l’avez pas fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait. » 46 Alors ceux-ci iront au châtiment éternel, et les justes à la vie éternelle. »

Commentaire des pères Louis et Bernard Hurault

LE JUGEMENT UNIVERSEL

Nous savons que les chrétiens sont une minorité dans le monde. Comme nous maintenant, les Juifs pensaient souvent à la majorité des peuples du monde qui ne faisaient pas partie du peuple élu et ne savaient rien des promesses de Dieu. Les Juifs les voyaient comme une multitude prête à “les dévorer”, un monde inquiétant à qui, un jour, Dieu imposerait sa loi. Et ils les appelaient : les nations. Jésus dépasse ces perspectives étroites et nous montre comment il jugera tous les hommes sans faire de distinction d’origine, lorsqu’il reviendra comme Roi des nations. Tous ceux qui ont partagé le destin commun des hommes, sans connaître le Christ, seront jugés par lui. En réalité, il ne les a jamais abandonnés, mais il a placé à côté d’eux “ces petits qui sont ses frères” pour le représenter.

Le Roi révèle les innombrables gestes humains qui ont construit le meilleur de notre civilisation, et, face à lui, les hommes contemplent avec étonnement le Dieu qu’ils ont aimé ou dédaigné en leur prochain. Bien que la plupart d’entre eux n’aient jamais pensé à l’au-delà, le Royaume de Dieu leur est présenté avec sa loi unique : l’amour. Il n’y a pas de destination neutre entre les deux extrêmes. Le feu est l’image du tourment qu’endurent ceux qui se sont condamnés quand ils fermaient leurs cœurs au point de ne plus être capables d’aimer. Pendant leur vie, ils étaient indifférents aux malheurs de leurs frères et sœurs marginalisés et affamés : maintenant l’éclat de Dieu qui est Amour les brûle et les torture.

Quand vous ne l’avez pas fait pour un de ces petits. Jésus parle du prochain, qu’il soit ami ou ennemi. Il ne parle pas de servir la communauté, ou une classe, ou une nation en général. Nous nous servons souvent de ces termes pour exclure un groupe de personnes qui n’appartiennent pas à notre nation ou à notre parti. Par contre, ceux qui aiment vraiment reconnaissent leurs frères et sœurs sans attacher grande importance à ces étiquettes : ce sont les personnes qui existent et qui vivent pour Dieu.

Alors ceux-ci iront au châtiment éternel (46). Il y a quelque chose qui nous choque aujourd’hui dans cette division des hommes entre bons et mauvais : elle nous apparaît comme une vue périmée (voir commentaire de Mt*13.36). Et c’est vrai en un sens. Jusqu’à l’âge moderne, on ne rencontrait guère que des gens “d’une seule idée”. On avait vite fait le tour des options de la vie, et dès la jeunesse on choisissait le “bon” ou le “mauvais” chemin. Il y avait bien ensuite quelques conversions en bien ou en mal (Ez 18), mais la division restait entre les bons et les mauvais. C’est très différent aujourd’hui, car nos choix sont extrêmement complexes.

Sachons donc voir que Jésus parlait le langage des prophètes, schématisant les options. Ce ne sont pas des crimes que Jésus dénonce, mais cet égoïsme quotidien qui remplit nos vies. Il parle comme un père qui reprend ses enfants : Voilà ce qui va t’arriver si tu continues ! Espérons que l’immense majorité ne s’enterrera pas complètement ; mais certains choisissent consciemment leur perte, et ils sont capables d’aller jusqu’au bout. Dire que Dieu est tellement bon qu’il les sauvera au dernier moment, c’est affirmer ce que Jésus n’a jamais voulu dire. Cela signifierait qu’au fond, tout ce qu’on a vécu dans sa vie n’avait guère d’importance, et que notre liberté n’était qu’un jeu. Ce que dit Jésus à propos du jugement vaut pour tous, chrétiens ou non-chrétiens. Mais ce serait une erreur de citer constamment cette parabole comme si elle couvrait toutes les responsabilités d’un chrétien. Ce n’est pas de pain, d’eau et de vêtements que le monde a surtout besoin, mais de la vérité et de l’espérance que Dieu a confiées à ceux qu’il s’est choisis. Les chrétiens seraient infidèles à leur mission s’ils se limitaient à parler d’aide, de logements, etc., et s’ils oubliaient ce qui est Vie pour l’humanité : d’abord la Parole de Dieu, la connaissance et l’amour de leur Seigneur. Lui sera toujours premier, et nous avons besoin qu’il le soit pour nous. Il s’attribue tout ce que nous faisons pour nos frères et sœurs, mais il ne veut pas se confondre avec eux. u 25.34 Jésus part d’une scène typique de son pays. Habituellement les bergers mènent à la fois des brebis blanches et des chèvres couleur marron ou noir. Mais les deux espèces ne se mélangent pas et forment toujours deux files distinctes. Les brebis devaient nécessairement représenter, selon l’usage biblique, le bon monde du peuple de Dieu. Les chèvres par contre, ou plutôt les boucs, étaient figures traditionnelle des démons : voir la note placée en Lv*16.5. Le pasteur sépare les brebis des boucs. Voir en Ez 34.17 ; mais là béliers et boucs représentent les mauvais chefs.

Lorsqu’il viendra dans sa gloire : cela signifie bien plus que la glorification de Jésus, car la Gloire et le Pouvoir, qui sont dans la Bible propres de Dieu, deviennent siens. Le trône de Gloire est le sien.. Certains ont vu dans cette parabole le plus révolutionnaire du message de Jésus, une vision “ sécularisée ” du monde. Il donnerait ici l’essentiel de son enseignement lorsqu’il ramène toutes les œuvres à l’amour, montrant que l’amour de Dieu est inclus et réalisé dans les œuvres d’assistance au prochain.

D’autres insistent davantage sur le fait qu’il s’agit d’un jugement des païens (car le mot que Jésus emploie peut se traduire païens ou nations). Ici Jésus attaquerait de front la conviction des Juifs de son temps selon laquelle les païens n’auraient pas part à la résurrection. Si, par contre, nous traduisons « les nations », cette parabole nous signale le caractère social du Jugement. Les actes individuels qu’on va citer ont construit une histoire. Le salut n’est pas seulement affaire de spiritualité mais il se réalise à travers les actes fraternels ordinaires sans lesquels il n’y aurait ni hommes ni histoire.

v 25.34 Prenez possession du Royaume. On voit qu’il n’y a pas symétrie entre la sentence concernant les bons et celle des mauvais. Pour la première, le Royaume est à la fois le prix de leurs œuvres et la réalisation du plan de Dieu qui, dans l’éternité, leur a préparé le chemin grâce auquel ils seraient justifiés : Ep 1.5 ; 2.10. Par contre le feu éternel n’est pas inscrit dans l’éternité et n’est que la conséquence du péché des anges et, par voie de conséquence, du péché des hommes.

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