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dimanche 8 mars 2009
2e dimanche de Carême Première Lecture : Genèse 22.1–2, 9–18 Psaume : Psaume 116.10, 15–19 Deuxième Lecture : Romains 8.31–34 Évangile : Marc 9.2–10
St Jean de Dieu, religieux (1495-1550) Première Lecture : 1·Jean 3.14–18 Psaume : Psaume 112.1–9 Évangile : Matthieu 25.31–40
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Orientation par le Père Michel Gitton
Un dimanche avec le sacrifice d’Abraham, dimanche de la Transfiguration, dimanche où l’on nous invite à « écouter le Fils Bien-Aimé » pour nous nourrir de Sa parole et discerner Sa gloire.
Comme c’est le cas depuis le début du Carême, nous avons chaque jour un ensemble cohérent (épître ou prophétie, psaume, évangile) autour du combat spirituel, à nous d’en faire une occasion de rejoindre le Christ initiateur de ce combat.
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Evangile du jour
2 Six jours après, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmena à l’écart, seuls, sur une haute montagne. Là, devant eux, il fut transfiguré. 3 Ses vêtements devinrent éclatants de lumière, d’une blancheur telle qu’aucun blanchisseur sur la terre ne peut blanchir de la sorte. 4 Alors Élie leur apparut, avec Moïse : les deux étaient en conversation avec Jésus. 5 Pierre prit la parole pour dire à Jésus : « Rabbi, cela tombe bien que nous soyons ici ; nous allons dresser trois tentes : une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. » 6 En réalité, il ne savait plus que dire, car ils étaient effrayés. 7 Une nuée survint alors qui les prit sous son ombre, et de la nuée se fit entendre une voix : « Celui-ci est mon Fils, le Bien-Aimé, écoutez-le ! » 8 Et soudain, regardant autour d’eux, ils ne virent plus personne : seul Jésus était avec eux. 9 Comme ils descendaient de la montagne, Jésus leur ordonna de ne raconter à personne ce qu’ils avaient vu, jusqu’à ce que le Fils de l’Homme soit ressuscité d’entre les morts. 10 Ils respectèrent cet ordre, mais entre eux ils se demandaient ce que c’était que ressusciter d’entre les morts.
Commentaire des Pères Hurault
La transfiguration de Jésus se trouve au centre de l’évangile de Marc. La scène de la transfiguration est en effet l’une des plus importantes du Nouveau Testament. Dans la liturgie des chrétiens d’Orient, la fête de la transfiguration (de la métamorphose, comme ils disent) tient une place de premier rang.
Elle est en fait, non pas le sommet, mais le résumé de toute la révélation. Nous y voyons Moïse et Élie, les porte-parole de la Loi et des prophètes, en un mot, les porte-parole de l’Ancien Testament, présentant le Christ de l’Évangile aux apôtres Pierre, Jacques et Jean — les “colonnes de l’Église” selon l’expression de Paul dans la lettre aux Galates — responsables d’annoncer la Bonne Nouvelle à toute créature. Comme Moïse et Élie conduits par Dieu sur la montagne sainte, pour y être témoins de sa gloire (Ex 33.18-23 ; 1R 19.9-12), les apôtres sont emmenés par Jésus à l’écart, ils gravissent eux aussi la montagne et là, Jésus leur manifeste sa gloire.
Comme Moïse et Élie, ces deux grands témoins de l’ancienne alliance, ont d’une certaine façon échappé à la corruption de la mort (Dt 34.6 ; 2R 2.11), Jésus aussi, qui vient d’annoncer sa passion et sa mort, donne aux apôtres un avant-goût de sa résurrection. Écoutez-le (7) ! Les apôtres accompagnent Jésus depuis plus d’un an, et peu à peu le fossé se creuse entre les autorités religieuses du peuple de Dieu et ce Jésus auquel ils se sont attachés. La question peut se poser pour eux : Jésus ne se trompe-t-il pas lui-même, les certitudes du peuple de Dieu ne sont-elles pas du côté des prêtres et des scribes ? C’est alors que le Père lui-même intervient, comme il l’a déjà fait pour Jean-Baptiste : Écoutez-le ! Écoutez-le car il est la Parole faite chair (Jn 1.14 ; He 1.1). Il est Le Prophète, et tous les autres ne parlent que pour lui (Dt 18.17).
Une nuée les prit sous son ombre. La nuée mentionnée ici est celle qui, dans divers épisodes de l’Ancien Testament, indique et dissimule la mystérieuse présence de Dieu (Ex 19 ; 1R 8.10). Déjà, quand Jésus faisait des miracles, il montrait que l’ordre actuel du monde n’est pas l’ordre définitif. Maintenant le rideau s’est entrouvert : si seulement les apôtres pouvaient comprendre que le Fils de l’homme, comme Jésus se nomme lui-même, est proche de sa résurrection. D’ici peu, ses compatriotes vont le mettre en croix. D’ici peu aussi, le Père va lui donner la gloire qui l’attend. Le brillant nuage, les vêtements d’un blanc éblouissant sont les signes qui nous permettent d’entrevoir quelque chose du mystère de Jésus : le jour où il ressuscitera d’entre les morts, tout son être sera transformé, transfiguré, et rempli de la puissance divine pour qu’à son tour il puisse “combler tout en tous”.
9.1 Certains qui sont ici… Dans le texte actuel des évangiles, cette phrase s’interprète assez naturellement comme une annonce de la Transfiguration : elle vient immédiatement après et c’est alors que trois des apôtres ont vu le Royaume identifié avec la personne de Jésus en Gloire.
Mais cette même phrase fait également corps avec le texte qui précède (8.38). Après avoir annoncé sa venue glorieuse, Jésus affirme que certains verront cette venue. L’expression venir avec puissance devrait alors s’entendre d’une venue du Christ Juge. C’est pourquoi divers auteurs pensent que Jésus se référait à la destruction de Jérusalem qui, pour lui, était une anticipation du Jugement. Et d’autres pensent que Jésus avait en tête un triomphe pas très éloigné, ce en quoi il se trompait.
Il semble bien qu’ici Luc est plus proche du sens primitif lorsqu’il dit : certains ne mourront pas sans avoir vu le Royaume de Dieu (Lc 8.27), ce qui se comprend sans difficulté de la Transfiguration. Jésus a laissé entendre bien des fois que le Royaume était déjà là et qu’on n’avait pas à attendre sa venue comme un événement spectaculaire (Lc 17.20). Par ailleurs il est clair dans les trois évangiles synoptiques que la Transfiguration est, avec la vision lors du baptême de Jésus par Jean, l’un des rares signes de Dieu donnés à Jésus : l’un et l’autre marquent le début d’une nouvelle étape de sa mission. La Transfiguration est l’annonce de la Passion proche ; Luc le dit clairement (Lc 9.31), et c’est cela qui explique l’avertissement de Jésus à ses apôtres au v. 9 de Marc.