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Point spi

L’année liturgique

4e dimanche de Carême (14 mars)

7 mars 2010

15. 1 On voyait tous les collecteurs de l’impôt et les pécheurs s’approcher de Jésus pour l’écouter. 2 Les Pharisiens et les maîtres de la Loi s’en plaignaient  : « Cet homme, disaient-ils, fait bon accueil aux pécheurs et mange avec eux  ! » 3 Aussi Jésus dit-il à leur intention cette parabole  : 4 « Imaginez que l’un d’entre vous possède 100 brebis, et il en a perdu une. Est-ce qu’il ne va pas laisser les 99 autres dans le désert, et courir après celle qui s’est perdue jusqu’à ce qu’il la retrouve  ? 5 Quand il l’a retrouvée, il la met tout joyeux sur ses épaules et, 6 rentré chez lui, il rassemble amis et voisins et leur dit  : ‘Partagez ma joie, car j’ai retrouvé ma brebis perdue  !’ 7 Je vous le dis  : Il y aura plus de joie dans le ciel pour un pécheur qui se repent que pour 99 justes qui n’ont pas besoin de se repentir. 8 « Si une femme a dix pièces d’argent, et qu’elle en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison et chercher soigneusement jusqu’à ce qu’elle la trouve  ? 9 Et quand elle l’a retrouvée, elle rassemble ses amies et voisines et leur dit  : ‘Partagez ma joie, car j’ai retrouvé la pièce que j’avais perdue  !’ 10 De même, je vous le dis, on est tout joyeux chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent. » 11 Jésus dit encore  : « Un homme avait deux fils. 12 Le plus jeune dit à son père  : ‘Père, donne-moi la part du domaine qui me revient.’ Et le père leur partagea son bien. 13 Le plus jeune fils ramassa tout et partit peu après pour un pays lointain où il dépensa son héritage dans une vie de désordres. 14 Quand il eut tout dépensé, une grande famine s’abattit sur ce pays et il commença à manquer de tout. 15 Il alla donc se mettre au service d’un des habitants du pays qui l’envoya dans ses champs pour garder les cochons. 16 Là il aurait bien voulu se remplir le ventre des caroubes que mangeaient les cochons, mais à lui, personne ne lui donnait rien. 17 Il rentra alors en lui-même  : ‘Combien d’ouvriers de mon père, se dit-il, ont du pain plus qu’il n’en faut, et moi ici je meurs de faim. 18 Je vais me lever, retourner vers mon père, et je lui dirai  : Père, j’ai péché contre le Ciel et devant toi. 19 Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils, mais prends-moi comme l’un de tes ouvriers.’ 20 Il se mit donc en route et retourna chez son père. Quand il était encore loin, son père l’aperçut et fut pris de pitié ; il courut se jeter à son cou et l’embrassa tendrement. 21 Le fils alors lui dit  : ‘Père, j’ai péché contre le Ciel et devant toi, je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.’ 22 Mais le père dit à ses serviteurs  : ‘Apportez vite la plus belle tunique et habillez-le, mettez-lui un anneau au doigt et des chaussures aux pieds. 23 Allez chercher le veau gras et tuez-le, car il nous faut manger et faire la fête  : 24 mon fils que voici était mort et il est revenu à la vie, il était perdu et il est retrouvé.’ Et ils commencèrent à faire la fête. 25 Le fils aîné était aux champs, mais il finit par rentrer. Comme il approchait de la maison, il entendit la musique et les danses. 26 Il appela l’un des garçons et lui demanda ce qui se passait. 27 L’autre lui répondit  : ‘C’est ton frère qui est arrivé et ton père a tué le veau gras car il l’a retrouvé en bonne santé.’ 28 Il se mit en colère. Comme il refusait d’entrer, son père sortit pour l’en prier. 29 Mais il répondit à son père  : ‘Voilà tant d’années que je te sers sans avoir jamais désobéi à un seul de tes ordres, et à moi tu ne m’as jamais donné un chevreau pour faire la fête avec mes amis. 30 Mais lorsque revient ton fils que voilà, celui qui a mangé toute ta fortune avec les prostituées, tu fais tuer pour lui le veau gras  !’ 31 Le père lui dit  : ‘Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi et tout ce qui est à moi est à toi. 32 C’est maintenant qu’il fallait faire la fête et se réjouir, car ton frère que voilà était mort et il est revenu à la vie ; il était perdu et il est retrouvé  !’ »

© La Bible des Peuples, éd. Jubilé-Le Sarment

Laissez-vous réconcilier avec le Christ

Le programme semble facile, si Dieu fait ainsi le premier pas, tout le monde devrait accepter, non  ? Mais la plupart des être humains n’ont pas conscience d’avoir à se réconcilier avec Dieu. Quel mal lui ai-je fait  ? Est-ce qu’il existe d’abord  ? Et si c’est le cas, il a bien d’autres chats à fouetter que de s’occuper de mes petites affaires  ! Se réconcilier avec Dieu  ! Pensez donc  ! C’est se donner beaucoup d’importance.

Saint Paul, nourri par l’expérience du judaïsme, avait un sens vif de la gravité du péché et de l’extrême offense faite à Dieu par l’infidélité des hommes. Il avait, de Kippour en Kippour, appris à implorer dans le jeûne, sous le sac et la cendre, la miséricorde du Saint (Béni soit-il  !). Il savait le prix de la réconciliation, même s’il lui arrivait peut-être de douter de l’obtenir par cette voie. Nos contemporains n’en ont aucune idée. Ils sont prêts à chercher des responsables derrière les catastrophes qui frappent nos sociétés, et de sourdes culpabilités les soulèvent quand ils voient les victimes de la faim ou de la pollution. Mais ce mal qui nous poisse la peau, nous ne saurions en faire l’objet d’une réconciliation, parce qu’il n’y a personne en face qui corresponde et dont tout cela dépende. Tout au plus, on pourra chercher un psy, pour tâcher de sortir de ses craintes et de ses fantasmes, et essayer de vivre normalement.

Sans une parole vraie sur le péché, l’invitation à la réconciliation tombe à plat. C’est même valable avec les croyants, dont certains se confessent consciencieusement, parce qu’on leur a dit de le faire, mais qui n’ont plus rien à dire  : « Je n’ai tué personne, vous savez, mon Père  ! » Et la confession devient une petite séance d’encouragement, une gentille ren­contre pour se faire du bien à l’âme.

Quand j’étais jeune prêtre, il était de bon ton d’ironiser sur ces pratiquants qui débitaient une liste de péchés, avec le numéro du commandement et le nombre de manquements face à chacun. Je ne suis pas sûr que c’était l’idéal, mais, au moins, il y a avait eu un effort pour examiner sa conscience à la lumière d’une norme objective (la Parole de Dieu et l’enseignement de l’Église), la faute n’était pas une réalité vague, ce que je sens ou que je ne sens pas. Elle était un acte qui avait offensé Dieu, car, dans sa Sagesse, il nous avait fait savoir ses intentions. Ces formulaires d’examen de conscience avaient leurs limites, mais on voit bien ce qui est arrivé depuis qu’on a prétendu s’en passer.

Mais, bien sûr, cela même n’aura pas de prise en dehors des consciences déjà croyantes. Si l’on veut redonner aux hommes qui nous entourent le sens du péché, il faudra prendre une voie plus large, ni terroriste, ni lénifiante. Il faudra oser dire le drame d’une humanité qui a manqué sa vocation et notre complicité à tous dans l’oubli de la Loi divine, dont on voit les terribles conséquences. Il faudra démasquer le péché d’idolâtrie lové dans notre cœur, qui nous fait préférer à Dieu des biens qui ne le valent pas. Il faudra dire la laideur de l’impureté qui défigure l’amour, l’injure faite aux pauvres par notre gaspillage, le ridicule de nos prétentions, l’inconsistance de nos reproches et de nos rancunes, la cruauté de nos propos sur les autres, etc.

Mais plus que tout, bien sûr, il faudra mettre en regard l’Amour fou du Christ, son ambition pour l’homme, la force ra­dieuse de son pardon possible. Et alors on pourra inviter à la réconciliation. n

Dimanche 14 mars Première Lecture  : Josué 5.9-12 Psaume 34.2-7 Deuxième Lecture  : 2·Corinthiens 5.17-21 Évangile  : Luc 15.1–32.

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4e semaine de Carême

C’est le dimanche de Lætare (dimanche de la joie, petite pause sur la route austère de Pâques - le désert aussi a parfois des fleurs), il est temps de nous « hâter avec amour au-devant des fêtes pascales » (cf. collecte)  : nous hâter  ! en route, donc  !

Avec ce lundi, commence la lecture (semi-) continue de l’Évangile selon Saint Jean. Nous avons pendant le Carême (pour ce qu’il en reste) les textes durs, témoins des affrontements de Jésus avec les « juifs » hostiles, laissant pour le Temps Pascal les textes plus sereins, à saveur sacramentelle.

Cette semaine, trois ensembles  :

- Lundi  : la guérison du fils de l’intendant royal

- Mardi, mercredi, jeudi  : ch. 5 - l’épisode de la guérison du paralysé à Bethesda et la violente discussion qui s’ensuit.

- Samedi  : ch. 7 - la présence tardive de Jésus à la fête des Tentes et l’affrontement qui s’y déroule.

+ Vendredi  : Saint Joseph

Quatrième Dimanche de Carême

1. Jésus qui veut nous installer en Terre Promise (lecture de Josué).

➤ Adorons le Guide très sûr qui a franchi le gué devant nous.

Point spi  : Portons-nous nous-mêmes en avant quand il le faut.

2. Jésus qui a mis dans notre bouche la parole de la réconciliation (lecture de la seconde lettre aux Corinthiens).

➤ Adorons Celui qui s’est fait « péché », pour arracher de nos cœurs le poison qui nous ronge.

Point spi  : épargnons à nos frères les démarches pénibles, dès que possible, délivrons-les de leurs appréhensions et montrons-leur que tout est réglé.

3. Jésus qui est allé nous chercher dans notre exil (lecture de l’Évangile selon saint Luc).

➤ Adorons le vrai Fils venu au secours de son cadet défaillant. Point spi  : Soyons larges et généreux avec ceux qui se repentent.

Lundi de l’Intendant Royal (Jean 4, 43-54)

1. Résistance de Jésus à la volonté de « voir des signes » - son refus de se laisser entraîner à une surenchère de miracles - son regard sur le cœur de l’homme à convertir.

➤ Adorons la Sagesse de Celui qui sait ce qui est bon pour l’homme, respectons son rythme, saluons ses initiatives.

Point spi  : Accueillir jour après jour la volonté de Dieu avec amour et patience.

2. Résistance de Jésus à la démarche qu’on lui demande  : alors que d’autres fois, il suit ceux qui veulent l’amener au chevet d’un malade (cf. la fille de Jaïre), là il refuse et laisse repartir le père avec seulement une promesse.

➤ Saluons celui qui a créé d’un seul mot : « fiat lux », adorons sa liberté face à nos demandes, contemplons sa maîtrise des événements. Point spi  : Nous attacher à ses promesses.

3. Résistance de Jésus à toute publicité et à toute explication  : il laisse l’intendant faire lui-même le rapprochement et passer d’une première forme de confiance (« il crut à la parole de Jésus ») à une foi profonde dans le mystère du Christ (« il crut, lui, et toute sa maison »).

➤ Acceptons de déchiffrer nous-mêmes les signes, vénérons sa divine discrétion, retrouvons avec bonheur les traces de son intervention. Point spi  : Relire notre histoire personnelle dans Sa lumière. Mardi de la source du Temple (Jean 5, 1-16)

1. Jésus, vraie source qui jaillit du côté droit du Temple, par sa seule présence, par ses paroles, par ses gestes, un flot s’élance qui lave peu à peu le monde.

➤ Contemplons le côté ouvert de Jésus sur la Croix, vénérons cette source cachée, plongeons-y nos yeux et notre cœur.

Point spi  : « Espérer pour tous ».

2. Jésus, vraie source qui réveille le désir oublié de guérison, qui ravive la soif.

➤ Adorons celui qui nous rend le désir des vrais biens, lui, notre Souverain Bien.

Point spi  : Oser demander l’impossible.

3. Jésus, vraie source qui ressurgit plus loin dans notre vie, qui rattrape l’ex-paralytique un peu par surprise et lui dessine un avenir.

➤ Vénérons cette source pleine de résurgences, qui n’en a pas fini de soulever nos vies, adorons « celui qui vient ».

Point spi  : La conversion est devant nous, pas derrière.

Mercredi des œuvres de Dieu (Jean 5, 17-30)

1. Jésus qui n’a pas fini de travailler à notre sanctification, qui ne se donne aucun répit.

➤ Contemplons l’Apprenti divin dans l’atelier du Père, regardons Jésus travailler avec son Père, sans relâche.

Point spi  : Ne pas laisser à d’autres le souci de nos frères en difficulté.

2. Jésus qui donne et redonne la vie, qui ressuscite les morts à l’école d’un Père qui n’a pas fait la mort.

➤ Adorons Celui qui est la Résurrection et la Vie, considérons sa hâte de redonner vie à nos corps mortels, voyons son soin à couvrir de peau, à remettre le souffle vital dans cette pauvre chair abîmée.

Point spi  : Devant la mort, continuer d’affirmer la résurrection de la chair.

3. Jésus qui nous délivre par un « jugement », qui nous montre une issue hors des ambiguïtés du présent.

➤ Contemplons notre Juge, plein de miséri-corde, accueillons avec joie sa sentence qui est lumière et vie.

Point spi  : Ne pas cacher nos misères, les exposer au feu de la pénitence.

Jeudi du témoignage de Dieu (Jn 5, 31-47)

1. « J’ai un témoignage meilleur que celui de Jean » : Jésus qui a été annoncé par Jean Baptiste, mais qui se fie surtout au témoignage du Père, seul décisif.

➤ Adorons Jésus qui entend la voix du Père  : «  celui-ci est mon Fils bien-aimé  ! », communions à sa joie, laissons-nous baigner de sa lumière. Point spi  : Ne pas nous fier aux compliments humains.

2. « Ce sont elles (les Écritures) qui me rendent témoignage » : lecture amoureuse et intelligente que fait Jésus de la Loi, il y voit l’annonce en creux de sa mission.

➤ Adorons Celui qui se sait précédé, annoncé, qui n’a pas à imposer sa lecture des événements.

Reconnaissons sa force, sûre et pacifique.

Point spi  : Relire l’Ancien Testament avec Jésus.

3. « Les œuvres que je fais me rendent témoignage » : Jésus qui est sûr d’agir par le doigt de Dieu, qui ne fait rien de lui-même.

➤ Considérons Celui dont les gestes sont ceux mêmes de Dieu, contemplons la justesse de ses interventions, la profondeur de son action. Point spi  : Relire le Nouveau Testament comme notre histoire personnelle avec Jésus.

Vendredi  : Saint Joseph

1. L’intendant fidèle qui défend les intérêts du Maître de maison et prend soin de ceux qui lui sont confiés de sa part.

➤ Adorons Celui qui a suscité autour de lui une telle qualité de service, et qui a su partager un tel respect du Père et de son projet.

Point spi  : Prendre soin de tous ceux que Dieu met sur notre route. 2. Le père adoptif que Jésus a voulu recevoir comme un vrai père.

➤ Adorons le Fils, qui voit en Joseph le reflet de son Père, et qui l’honore en conséquence.

Point spi  : Reconnaître ce que nous avons reçu des autres.

3. Le serviteur inutile qui s’efface devant ce qu’il a reçu et se retire sans bruit, son service accompli.

➤ Adorons le Serviteur qui se fait tout trans-parent entre le Père et nous. Point spi  : Savoir nous effacer une fois notre mission accomplie.

Samedi des cœurs fermés (Jean 7, 40-53)

1. Jésus dont on parle sans l’écouter, Jésus qui n’a rien à dire à ceux qui croient le connaître à partir de choses extérieures.

➤ Contemplons son silence, ouvrons-nous à sa plénitude cachée. Point spi  : Briser les idoles, les images fausses que les hommes se font du Christ et de son Église.

2. Jésus identifié à la « racaille », Jésus solidaire des « pauvres types », qu’il est venu évangéliser, qui ne sont pas des « pro » de la Loi, mais qui l’ont souvent mieux comprise que les doctes.

➤ Adorons le Verbe mis au rang des « sans loi  », saluons son abaissement, lui qui est toute justice.

Point spi  : Ne pas mépriser un seul de ces petits.

3. Jésus qui lasse les esprits superficiels  : après s’être posé des questions sur lui, on «  rentre chez soi », on va se coucher, alors que la Sa­gesse est là.

➤ Contemplons Jésus mal reçu, caricaturé, Jésus dont on croit avoir fait le tour alors qu’il est inépuisable, posons-nous devant lui pleins de confiance et d’amour, goûtons ses paroles.

Point spi  : Ne pas nous en tenir aux explications toutes faites et aux slogans.




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